Changer de pays pour se retrouver

profil katiuC’est lors de ma dernière expérience professionnelle que j’ai fait la connaissance de Katiu.

Du haut de sa trentaine, ce petit bout de femme a déjà fait de la route ! Elle n’a pas hésité à suivre son cœur et ses envies à chaque fois que cela était nécessaire.

Une belle leçon pour celles et ceux qui n’arrive pas à se décider.

Je vous laisse découvrir son parcours et son choix de vivre à Dubaï.

 

 

 

 

Interview de Katiu sur son changement de pays

Bonjour Katiu, peux-tu te présenter ?

Bonjour, je suis une jeune femme d’une trentaine d’années d’origine du sud de l’hémisphère. Je suis passionnée par les voyages, l’art français de vivre et l’art de la table. J’aime les vins et particulièrement les vins de Bourgogne.

Tu as décidé de changer de vie. Peux-tu nous dire comment tu vivais avant ?

J’ai grandi en Afrique de l’est pendant 13 ans et j’ai dû poursuivre mes études en France.
Je suis arrivée à Paris et j’y ai vécu pendant 17 ans.
Paris est une ville que j’aime profondément, j’y ai grandi, j’y ai fait mes études et commencé à y travailler.

En 2012, j’avais soif de retrouver une vie moins “speed” que peut offrir la vie parisienne et j’ai réalisé que mon avenir professionnel et personnel n’étaient plus en adéquation avec cette vie.

Ma vie parisienne ressemblait un peu à celle de Carry Bradshaw dans “Sex and the City”, jeune dynamique, cadre supérieur, aimant les sorties et la mode. Je ne pensais pas au lendemain, je profitais de chaque jour.

Et puis, lorsqu’il a fallu penser à la construction, je me rendais compte que cela ne me convenait plus… Je ne me voyais pas construire une famille dans cette jungle parisienne. Ma vie paisible africaine m’a rattrapée et je recherchais cette sécurité que je ressentais en étant enfant.

J’avais perdu la joie de vivre et j’étais rentrée dans un quotidien lassant qui se ressemblait chaque jour..

Et puis, Paris a changé avec la montée de l’insécurité, du racisme passif.

Et maintenant, comment vis-tu ?

Aujourd’hui, je me sens complètement en adéquation avec moi-même et mes aspirations.

Je me sens en sécurité dans le pays que j’ai choisi et je me sens vivre. Ce n’est pas la nouveauté car je connaissais déjà le pays dans lequel je vis. J’avais eu l’occasion de visiter Dubaï et je mettais dite à 16 ans que je viendrai y vivre un jour.

Depuis ta décision d’entamer une nouvelle vie, qu’est-ce qui a changé ?

Les changements je les ressens au quotidien.
Émotionnellement, je me sens apaisée, plus calme, avec un stress moindre. Je suis plus tolérante avec les autres.

Depuis quand voulais-tu sauter le pas ?

En 2012, j’ai décidé de changer ma vie.

Lorsque tu t’es décidé, comment as tu procédé ?

Je me suis mise à voyager en allant à l’extrémité de la terre. J’étais à la recherche de quelque chose qui pouvait m’aider à me retrouver intérieurement, et qui correspondait à mes aspirations futures.

Je suis allée en Asie et j’ai choisi d’allier mes compétences professionnelles avec ce changement de vie.

Les vins étant en pleine expansion dans cette région du monde, j’ai pu partir en 2013 pour allier plaisir et boulot.

J’ai travaillé pour Singapour durant 1 an à partir de l’Europe. Le destin a permis que je m’y rende pour des raisons personnelles et j’ai découvert un style de vie qui me convenait parfaitement.

3 mois après, j’ai décidé de quitter Paris pour m’y installer sans emploi et un logement trouvé sur internet.

Il a fallu se créer un réseau professionnel sur place pour pouvoir trouver d’abord un travail et ensuite pouvoir s’y installer convenablement.

Le networking est très important lorsque l’on s’expatrie car on rencontre de nouvelles personnes pour trouver un travail et de nouvelles amitiés se créent.

Je suis restée 2 ans à Singapour.

Et après ?

J’ai connu Stéphane, mon amoureux. Originaire de l’île de la Réunion, il vivait déjà à Dubaï depuis 5 ans et nous travaillions pour la même entreprise, moi à Singapour, lui à Dubaï. Je l’ai rencontré à Singapour dans le cadre du boulot et j’ai décidé de le rejoindre à Dubaï comme son travail n’était pas transférable à Singapour.

Quelles ont été les difficultés que tu as rencontrées ou que tu rencontres encore aujourd’hui ?

Les difficultés peuvent être l’adaptation à une nouvelle pensée de travailler et de concevoir les relations sociales.

Chaque pays a ses spécificités et j’ai choisi de vivre dans des pays où les expatriés viennent et repartent, ce qui a pour conséquent que les amitiés se font et peuvent se défaire avec le temps.

Quels sont les conseils que tu donnerais à des personnes qui sont comme toi en quête de changement mais qui n’ont pas encore sauté le pas ?

La première chose à faire est d’ôter toute peur. La peur paralyse et empêche d’accomplir ce que l’on souhaite.

Il faut vraiment mûrir son projet, se demander pourquoi on a cette envie de partir et pour combien de temps.
Est-ce une envie de quelques années ou alors est-ce pour du long terme?

Le temps d’adaptation peut prendre du temps selon les personnes.
Je conseille vivement de partir dans le pays une, deux, trois fois pour être sûr que celui-ci puisse vous convenir.

Nous nous plaignons souvent et voyons le verre vide…Il est bon d’avoir plusieurs avis et de diverses nationalités existantes sur place.

Il faut discuter avec les personnes qui y vivent. Personnellement, je ne conseille pas vraiment le conseil des Français 😀

 

Pour conclure cette interview, j’ai trouvé un proverbe tout adapté à son histoire :

Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens.” -Proverbe africain

2 Réponses to “Changer de pays pour se retrouver

  • Superbe interview! Katiu (que je connais) est une très belle personne et cette interview est totalement en adéquation avec elle.
    En effet, pour avoir voyagé beaucoup et avoir quitté le sol français une année pour le Canada, je pense qu’il est important d’être dans l’observation du pays qui nous intéresse avant de sauter le pas. S’intéresser à la culture mais également au plan santé, sécurité sociale du pays etc… il peut grandement différer d’un pays à un autre et si vous souhaitez passer le cap et partir, autant le faire bien et à 100%. Mais de manière générale, pour être une amoureuse du voyage, je crois qu’il ne faut pas hésiter si le rêve grandit dans votre cœur!

    • Je pense la même chose même si les surprises peuvent être aussi bénéfiques 😉 mais bien s’armer avant de se lancer est essentiel. Peut-être serais-tu prête à partager ton expérience au Canada avec les autres visiteurs du blog ? Si jamais l’idée te tente, n’hésites pas à revenir vers moi.

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